Moi, boursière du PNUD pour les jeunes dirigeantes africaines (AfYWL)

L'égalisateur mondial à New York et au-delà

5 février 2025
A woman speaks into a microphone at a conference.

Plus de 4 000 jeunes leaders, entrepreneurs et innovateurs de 37 pays se sont réunis pour la 7e édition de #YouthConnekt Africa, qui s'est tenue à Kigali, au Rwanda.

Photo : PNUD/Mellon Ncube

En septembre, l’air de New York est chargé d’une énergie particulière. Le sentiment d’impatience est palpable, comme si la silhouette immense des bâtiments de la ville dialoguait avec les diplomates, les dirigeants mondiaux, les militants et les acteurs du changement qui s’y trouvaient. J’ai eu le privilège, l’année dernière, de participer pour la première fois à l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU), un moment qui restera à jamais gravé dans mon parcours de jeune dirigeante africaine.

Mon expérience de boursière du PNUD pour les jeunes dirigeantes africaines (AfYWL) m’a tout simplement transformée. Ce voyage m’a offert un point de vue unique pour assister aux efforts mondiaux de développement et pour y contribuer, tout en réfléchissant profondément à mon rôle de jeune responsable africaine. À commencer par l’AGNU à New York qui était passionnante et qui a été suivie du dynamique Sommet YouthConnekt Africa au Rwanda, ces expériences ont structuré ma compréhension du leadership, de la collaboration et de l’importance cruciale de la jeunesse dans la conduite du changement.

A woman sits at a table, writing notes, with wooden paneling in the background.

Mellon Ncube, boursière du PNUD pour les jeunes dirigeantes africaines à l'Union africaine à Addis-Abeba, en Éthiopie.

Photo : PNUD/Mellon Ncube

79e session de l’Assemblée générale des Nations Unies

New York, pendant l’Assemblée générale des Nations Unies, ne ressemble à aucun autre endroit. Les diplomates parcouraient les rues en costumes sur mesure, tandis que des femmes influentes dans l’arène politique internationale, des cheffes d’État aux militantes, défilaient vêtues avec la plus grande élégance portant toutes sortes de vêtements, du boubou à la robe éthiopienne habesha kemis en passant par le kanga. La ville elle-même ressemblait à un défilé, avec des hélicoptères survolant la ville annonçant l’arrivée des dirigeants les plus influents du monde.

Pendant l’Assemblée générale, j’ai eu l’incroyable privilège de m’entretenir avec certains des dirigeants et acteurs du changement les plus influents du monde. Parmi eux se trouvaient Sa Majesté la reine Máxima des Pays-Bas, Ajay Banga de la Banque mondiale et Bill Gates. J’ai également échangé des idées avec l’homme d’affaires Steve Forbes, le Premier ministre d’Eswatini Russell Dlamini, l’ancienne directrice exécutive d’ONU Femmes Phumzile Mlambo-Ngcuka et l’ancienne présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf.

En assistant aux séances plénières, aux événements parallèles et aux réunions bilatérales, j’ai pris conscience de l’évolution du monde, mais aussi de la persistance des inégalités. Le changement climatique, l’égalité des sexes, l’inclusion financière, la transformation numérique… Ce ne sont pas seulement des mots à la mode, mais des thèmes essentiels qui ont marqué toutes les conversations. Pourtant, ce qui ressortait avant tout, c’était ce sentiment d’urgence palpable. Le monde est aux prises avec des crises qui se chevauchent, du changement climatique aux inégalités économiques, et le bouillonnement des appels à des solutions concrètes résonnait plus fort que la ville de New York elle-même. L’une des stratégies importantes adoptées par les dirigeants mondiaux lors de la 79e session de l’Assemblée générale des Nations Unies était le Pacte pour l’avenir(link is external), qui comprend des initiatives transformatrices comme le Pacte numérique mondial et la Déclaration sur les générations futures(link is external). Ce plan d’action global ne s’attaque pas seulement aux crises immédiates, mais présente également une vision à long terme conçue pour préparer le monde aux difficultés inconnues qui nous attendent.

L’Assemblée générale des Nations Unies m’a ouvert les yeux sur la danse complexe de la diplomatie, du dialogue et des prises de décision sur la scène mondiale. Les échos des conversations au siège vibraient encore dans l’air. Les médias étaient plein d'enthousiasme, impatients d’annoncer ce nouveau Pacte pour l'avenir. Les discussions qui remplissaient les salles de conférence ont continué dans les rues, où les jeunes, avec leur zèle débridé, se sont rassemblés, portant sur leurs épaules le poids de leurs aspirations futures.

Ce que j’aime le plus à l’AGNU et au Sommet de l’avenir, c’est la façon dont ils servent d’égalisateurs mondiaux. Dans ces contextes, l’âge, l’origine et la nationalité passent au second plan au profit d’un objectif commun. Des individus de tous les horizons se sont réunis sur un pied d’égalité, unis par le même objectif : bâtir un avenir qui tient compte de la voix de chacun. Cependant, on ne peut qu’espérer que cet esprit de représentation égale s’étende au-delà de la participation à la prise de décision sur des questions cruciales, en particulier celles qui construisent l’avenir. Il était encourageant de voir des jeunes comme moi et mes camarades jouer un rôle actif, pas seulement en tant que spectateurs, mais aussi en tant que leaders et promoteurs du changement. L’AGNU a renforcé l’idée que le leadership des jeunes ne se limite pas seulement à l’avenir, mais qu’il appartient au présent.

A speaker is addressing an audience at a conference.

La 7e édition de #YouthConnekt Africa, qui s'est tenue à Kigali, au Rwanda, a été guidée par le thème : « Emploi pour les jeunes grâce à des formations en compétences ».

Photo : PNUD/Mellon Ncube

L’essor de la jeunesse africaine à #YouthConnekt2024

Alors que le soleil se couchait sur l’Assemblée générale des Nations Unies, riche des engagements mondiaux pour les générations futures, l’attention du monde entier s’est tournée vers Kigali au Rwanda, aussi affectueusement surnommé le « Pays des mille collines ». Plus de 4 000 jeunes leaders, entrepreneurs et innovateurs de 37 pays se sont réunis pour la 7e édition de #YouthConnekt Africa(link is external), guidés par le thème : « Emploi pour les jeunes grâce à des formations en compétences ». Ce rassemblement n’était pas seulement une conférence, mais plutôt un mouvement : un cri de ralliement pour que la jeunesse africaine prenne les rênes dans le façonnement de l’avenir du continent.

Des vibrations de détermination imprégnaient l’air de Kigali, tandis que des dialogues se déroulaient autour de questions cruciales : l’employabilité des jeunes, le développement des compétences innovantes, la stimulation de la production « Made in Africa », l’activation de la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine) et sa capacité à changer la donne pour le commerce transfrontalier et l’autonomisation économique. Les ministres ont afflué, accompagnés de leurs jeunes délégations, rayonnantes de fierté. La curiosité se lisait sur leurs visages lorsqu’ils s’installèrent à leur place, prenant un moment de recul pour observer le président Paul Kagame et la Directrice du PNUD pour l’Afrique, Ahunna Eziakonwa, monter sur scène. Ce fut un moment d’énergie profonde, un témoignage de la force indéniable et porteuse d’espoir de la jeune génération africaine qui façonne l’avenir.

Il a été particulièrement stimulant d’être témoins du lancement d’initiatives visant à lutter contre le chômage par le développement des compétences et de l’entrepreneuriat. Nous avons vu la génération Z de la région du Sahel émerger. Nous avons vu les régions anglophones, francophones et lusophones se rassembler, occuper la scène et présenter leurs solutions innovantes à travers leurs startups au HangaPitchFest(link is external). Nous avons vu des partenariats s’épanouir entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est, catalysés par des initiatives comme le Timbuktoo UA-UE(link is external) et le Egumeni Hub(link is external), un élan pour une Afrique qualifiée et autonome.

YouthConnekt, c’était l’espoir en action. En observant l’échange d’idées et d’énergie entre les délégués, j’ai réalisé que l’espoir de l’Afrique réside dans la voix de la jeunesse. Nous sommes la population la plus jeune et celle qui connaît la croissance la plus rapide, représentant plus de 60 % de la population du continent. Les jeunes Africains réclament des mesures contre le changement climatique, des perspectives économiques élargies, une gouvernance réactive et la reconnaissance des problèmes de santé mentale.

L’espoir en Afrique ressemble à celui de classes remplies d’étudiants avides d’apprendre, où les jeunes filles et les jeunes garçons ont les mêmes chances de rêver et de s’épanouir, où un enfant a la chance d’être tout simplement un enfant, et non un soldat, ni un soutien économique pour sa famille, ni un survivant de circonstances difficiles. L’espoir, c’est la croissance des pôles technologiques et des laboratoires d’accélération, où des solutions innovantes sont élaborées par de jeunes esprits pour résoudre les problèmes les plus urgents de l’Afrique. Ce sont également les politiques audacieuses défendues par des dirigeants engagés en faveur du développement durable, de l’équité et de l’unité. L’espoir de l’Afrique, ce sont ses habitants, profondément attachés à leurs racines. Ce sont leurs voix, qui s’élèvent au-dessus des obstacles, qui ouvrent la voie aux générations à venir et qui prouvent que l’avenir de l’Afrique n’est pas seulement imaginé, mais construit, jour après jour.

Ahunna a transmis à l’auditoire un message d’espoir et d’autonomisation, résumé dans les « 4 C » — caractère, confiance, compétence et courage — confirmant le fait que « les Africains ne veulent plus d’aumônes, nous voulons des poignées de main ».

Four women hold signs in a conference room, smiling and posing together.

L’AGNU a renforcé l’idée que le leadership des jeunes ne se limite pas seulement à l’avenir, mais qu’il appartient au présent.

Photo : PNUD/Mellon Ncube

Envisager l’avenir : au-delà de l’Assemblée générale des Nations Unies, du Sommet et de YouthConnekt

Au terme de ces rencontres, marquant la conclusion de l’Assemblée générale des Nations Unies, du Sommet de l’avenir et de YouthConnekt, je suis repartie avec plus que de simples idées et stratégies. C’est avec un sens des responsabilités que je m’en suis allée. Les discussions au cours du Sommet de l’avenir ont mis en évidence la nécessité d’un engagement durable des jeunes dans les processus de prise de décision. Nous ne sommes pas seulement les dirigeants de demain, nous sommes les dirigeants d’aujourd’hui. J’ai vu de mes propres yeux comment les jeunes dirigeants, en particulier les femmes africaines, ne demandent pas la permission d’innover, de collaborer et de diriger, elles le font, tout simplement.

La route qui nous attend est semée d’embûches, mais aussi d’immenses possibilités. Il n’y a plus de place pour des politiques à court terme qui ne sont que des solutions temporaires. C’est un appel à nous tous pour continuer à défendre les Objectifs de développement durable. L’Assemblée générale des Nations Unies a brossé le tableau, le Sommet de l’avenir a proposé une feuille de route et YouthConnekt a mis les idées en pratique. Il nous appartient à tous de construire le véhicule qui favorisera une croissance durable et inclusive pour les prochaines générations.

En tant que boursière de l’AfYWL, je déborde d’enthousiasme en sachant que je fais partie d’un collectif qui façonnera l’avenir non seulement de l’Afrique, mais du monde. L’énergie de New York est contagieuse, l’ambiance du Rwanda est pleine d’espoir, mais le travail continuera bien après que les lumières de la ville se seront éteintes.