Allocution d'ouverture de Mme Ilaria Carnevali à l'Atelier gouvernemental : Optimisation de l’Indice de Développement Humain
30 mars 2026
Ilaria Carnevali, Représentante résidente du PNUD au Maroc
Atelier gouvernemental : Optimisation de l’Indice de Développement Humain (IDH) – Maroc
Lundi 30 mars 2026, Hôtel Marriott Rabat
Mesdames et Messieurs,
Monsieur le Président de l’ONDH,
Chers partenaires, chers collègues,
C’est un honneur pour moi de prendre la parole aujourd’hui à l’occasion de cet atelier gouvernemental consacré à l’optimisation de l’Indice de Développement Humain au Maroc.
Permettez-moi, tout d’abord, de saluer le leadership de l’Observatoire National du Développement Humain, dans le cadre de l’engagement constant du Gouvernement du Royaume du Maroc en faveur d’un développement centré sur l’humain, inclusif et fondé sur des données probantes.
Cet atelier intervient à un moment particulièrement stratégique. Le Maroc s’est engagé dans des transformations profondes, portées par le Nouveau Modèle de Développement et la consolidation de l’État social. Dans ce contexte, l’Indice de Développement Humain ne constitue pas uniquement un indicateur statistique : il est un outil d’orientation stratégique, un miroir des progrès réalisés, mais aussi des inégalités persistantes qu’il nous appartient collectivement de réduire.
Selon le Rapport sur le développement humain 2025 du PNUD, le Maroc a franchi le seuil de 0,700, atteignant un IDH de 0,710. Ce dépassement place désormais le Royaume dans le groupe des pays à développement humain élevé.
Ces progrès sont le reflet d’une dynamique de long terme : depuis 1990, la valeur de l’IDH du Maroc est passée de 0,456 à 0,710, soit une progression de 55,7 %, portée par des avancées dans les trois dimensions fondamentales de l’IDH (santé, éducation et niveau de vie). Pour autant, il est essentiel d’aller au-delà de la valeur agrégée de l’IDH pour comprendre en profondeur la trajectoire de développement humain.
À titre d’illustration :
L’IDH ajusté aux inégalités (IDHI) met en évidence l’impact des inégalités sur les acquis en santé, éducation et niveau de vie.
Les inégalités de genre restent un enjeu important, l’Indice d’inégalité de genre (GII) du Maroc reflétant des écarts persistants entre les niveaux de développement humain des femmes et des hommes.
Enfin, l’IDH ajusté aux pressions planétaires (PHDI) traduit un différentiel associé aux pressions environnementales.
Ces constats confirment encore une fois que l’Indice de Développement Humain ne doit pas être appréhendé comme un simple indicateur, mais comme un véritable outil d’aide à la décision stratégique.
Au fil des années, le partenariat entre le Système des Nations Unies et l’ONDH a permis d’ancrer une culture de l’évaluation et de la donnée au service de l’action publique. Ce partenariat a démontré que des politiques mieux informées sont des politiques plus efficaces, plus équitables et plus durables.
Optimiser l’IDH, c’est d’abord améliorer la qualité, la granularité et l’utilisation des données. Cela implique de renforcer les capacités nationales en matière de production et d’analyse statistique, d’exploiter de nouvelles sources de données, et de promouvoir une désagrégation plus fine, notamment territoriale et de genre, afin de mieux cibler les politiques publiques.
C’est également renforcer le lien entre mesure et décision. Les indicateurs doivent éclairer l’action publique de manière concrète, orienter les arbitrages et permettre un suivi régulier des résultats. Cela suppose des mécanismes robustes de suivi-évaluation, une traçabilité accrue, et une articulation claire entre planification, mise en œuvre et reporting.
Enfin, optimiser l’IDH, c’est investir dans l’innovation. Les technologies numériques, l’intelligence artificielle et les approches fondées sur les données offrent aujourd’hui des opportunités sans précédent pour mieux comprendre les dynamiques de développement humain et accélérer les progrès, notamment au bénéfice des populations les plus vulnérables.
Dans cette dynamique, le PNUD réaffirme son engagement à accompagner le Maroc, aux côtés de ses partenaires, pour renforcer les systèmes de données, appuyer les capacités d’analyse et promouvoir des approches innovantes au service des politiques publiques.
C’est précisément pourquoi notre atelier d’aujourd’hui est centré sur la méthodologie, la qualité et l’utilisation des données.
Je suis heureuse de souligner qu’à l’appui de cette démarche, nous accueillons des collègues du Bureau du Rapport sur le développement humain du PNUD (HDRO) : Madame Yanchun Zhang, Cheffe statisticienne (Chief Statistician), Madame Josefin Pasanen, Spécialiste Recherche & Partenariats (Research & Partnerships Specialist), et Madame Yu-Chieh Hsu, Spécialiste politiques publiques – Recherche & Statistiques (Policy Specialist – Research and Statistics). Leur présence permettra d’approfondir, avec les participants, les fondements méthodologiques des indices et d’échanger sur les bonnes pratiques de calcul, de documentation et de dialogue statistique.
Nous sommes ravis, en tant que PNUD, d’appuyer cette réflexion nationale, aux côtés de l’ONDH et de l’ensemble des institutions concernées. Notre ambition commune est de faire de la donnée un véritable levier de transformation, au service d’un développement humain plus inclusif, plus équitable et plus résilient.
Je suis convaincue que les échanges d’aujourd’hui permettront d’identifier des pistes concrètes d’amélioration, de consolider notre vision commune et de renforcer encore davantage notre partenariat.
Je vous remercie pour votre attention et vous souhaite des discussions fructueuses.
Optimiser l’IDH, c’est d’abord améliorer la qualité, la granularité et l’utilisation des données. Cela implique de renforcer les capacités nationales en matière de production et d’analyse statistique, d’exploiter de nouvelles sources de données, et de promouvoir une désagrégation plus fine, notamment territoriale et de genre, afin de mieux cibler les politiques publiques.